Bokurano

En 2000, Glénat publiait deux tomes de NARU TARU, de Mohiro Kitoh, avant un arrêt définitif. L’éditeur y voyait un seinen au dessin enfantin et a découvert trop tard les actes pédophiles et sadiques mis en scène par le mangaka…. On n’a pas revu de manga de Kitoh depuis en France jusqu’à Bokurano.
Bokurano est décrié comme un abattoir, un BATTLE ROYAL sans une goutte d’humour. Je ne suis pourtant pas en accord avec cette image. Si cela ressemble à BATTLE ROYAL, c’est peut-être pour le côté un peu daubique du manga. Une découpe mal orchestrée, des combats (il est question de combats entre gros mecha) sont courts mais illisibles (qui fait quoi??) et les dialoguent n’ont rien de bien.
Le scénario, quant à lui peine à se grandir. On part d’une idée de base: durant une classe d’été, une quinzaine de collégiens font la rencontre d’un type tourmenté, qui leur propose un jeu, où ils vont dézinguer du robot géant pour protéger la Terre. Problème: c’est un jeu réel et le pilote désigné meurt à la fin du combat, même vainqueur.
C’est d’ailleurs ce qui fait que l’on pointe la perversité mal placée de l’auteur. Pourtant, c’est peut être la seule chose qui m’a fait marrer (faut voir la façon dont crève le pilote du tome 1!!) !

Mais ce que l’on regrette, c’est que l’histoire ne soit pas plus creusée que ça au fil du tome… C’est un peu bidon comme BATTLE ROYAL.

C’est une oeuvre assez noire mais pas de quoi casser trois pattes à un canard.

Petite incompréhension toutefois: vous pourrez lire dans le « coyote mag » des propos totalement en décalage avec ce premier tome.
Je cite: « Deux très jeunes héroïnes [c’est toi qu’en a trop pris, d’l’héroïne] amènent des sujets tabous. L’une veut vendre sa virginité à un homme plus agé mais ne parviendra pas à ses fins. L’autre devient la maîtresse de son prof. Sa chair sera livrée à un viol collectif. Elles ont toutes deux onze ans. Les questions du désir pédophile et de la perversité des adultes ne sont pas les seules soulevées ici. Plus loin [vraiment loin alors?!], Kitoh critique le militarisme, son absurdité et un Japon inféodé à la politique américaine. Mais ces histoires de lolitas névrosées, longuement déployées, culminent aussi en des scènes de sexe impliquant des mômes, prépubères. Par de lourdes suggestions mais aussi plein cadre. Les arts doivent tout exprimer, tout montrer. Surtout l’interdit. »

C’est avec de gros yeux interloqués que je vous livre ces propos. D’abord, au stade du tome un, rien de tout cela n’est palpable. Il n’apparaît pas d’histoire de ce genre. Peut-être que l’auteur de cet article a lu l’intégralité de la série et rédigé sa chronique sans vraiment s’attacher au tome un. Peut être en a-t-il trop pris?

Le tome 2 vient de sortir aujourd’hui. Et je vais aller l’acheter parce que je m’interroge vraiment. C’est sans doute la seule raison pour laquelle je vais poursuivre ce manga: obtenir des réponses. Et il faudra faire avec la censure française, qui existe bel et bien.

E.

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