"Cliente" de Josiane Balasko

Ce film raconte la vie d’une femme (Nathalie Baye) de 51 ans (eh, oui !), divorcée, seule (et très belle !) et qui a recours de temps en temps à un « gigolo ».

Au début, tout est fait sur un ton léger et quelques bonnes répliques, nous font rire. Plus on entre dans le film, plus le ton devient grave alors qu’en apparence, rien n’a changé. Balasko arrive à traiter des thèmes fondamentaux de notre société. Elle donne une certaine image de la relation homme-femme qui laisse à réfléchir, sans oublier ce rapport à l’argent omniprésent dans notre vie. Tout est affaire d’argent.

Apparemment Nathalie Baye, magnifique, réalise ce qu’elle veut, grâce à son argent. Elle décide tout avec son argent. Quand elle a besoin de faire l’amour, elle appelle Patrick, qui vient immédiatement, trop content d’empocher un paquet de billets (et ça rapporte gros !). Et elle a l’air heureuse. Elle s’envoie en l’air, sans amour. Avec une grande indifférence.
Et pourquoi seuls les hommes auraient droit aux putes ? Son point de vue est largement défendable. Mais si elle en arrive là, c’est qu’elle se sent extrêmement seule. A un point insupportable. Et son argent ne sera pas la solution.


Balasko veut croire à l’acte d’amour sans amour, sans vraiment y croire, car au bout d’un moment, les sentiments finissent par dominer. Ouf ! Difficile de faire l’amour avec un « régulier », tout jeune, mignon et gentil, sans en tomber amoureuse. Et c’est ce qui se passe. Mais il n’est pas libre. Il est même marié et sa femme tient à lui. Et eux, sont pauvres. Tout se complique quand les sentiments s’en mêlent.

L’argent n’a pas de goût, pas de saveur, et abîme tout. Mais il n’est pas le roi et a ses limites. Balasko le montre bien dans ce film. Et en même temps, sans argent, on est dans la merde…
J’ai bien aimé ce film car je comprends la détresse de cette femme qui se sent abandonnée parce qu’elle vieillit. Mais son corps réclame encore des caresses et elle veut crier qu’elle est encore vivante. Mais comme tout le monde se fout de tout le monde, elle achètera celui qui la fera jouir à nouveau et à qui elle pourra donner dans tous les sens du terme.


La vie sexuelle est aussi importante que la vie sociale. Et Balasko veut nous dire que le plus important pour être, enfin, bien dans son corps, c’est aimer l’autre et être aimée. Pas si facile.
Elle, la sœur de la « cliente », tombe amoureuse d’un indien et son histoire est un peu ridicule. On s’en serait passé. Mais peu importe ! C’est pour dire que l’amour existe.
Le thème de la femme de 50 ans, encore belle et sexuelle, est bien d’actualité. Autrefois, la femme de 50 ans était une grand-mère. Aujourd’hui, elle est encore bandante ! (Ouf ! J’ai toutes mes chances !). Il faut dire que Nathalie Baye (en réalité, elle a 60 ans !) est superbe !
Mais ce qui m’intéresse c’est aussi le regard que les autres portent sur « la cliente ». D’autre part, durant tout le film, Baye joue la femme forte, sûre d’elle, indifférente, faisant croire que rien ne la touche.


Dans notre société, tout le monde comprend le plus vieux métier du monde, mais que pour les hommes… Balasko a eu de nombreux refus pour faire ce film. La prostitution masculine ne paye pas. C’est pour ça qu’elle en a fait un roman. Et il eut un franc succès ! C’est comme cela qu’elle a elle-même réalisé ce film.
C’est tout de même bien triste d’en arriver là.
A méditer…
Allez le voir, quel que soit votre âge ! Et faites-moi partager vos impressions…

Bénédicte

Plus d’infos sur ce film

3 Réponses to “"Cliente" de Josiane Balasko”

  1. E. Says:

    Un gros coup de coeur pour La Madone, apparemment! Je ne pensais pas vraiment aller le voir mais si le jeu en vaut la chandelle… Impressionnant de savoir que Nathalie Baye a déjà 60 ans! C’est vraiment une statue cette femme!

  2. C. Says:

    Ouaip belle éloge et jolie critique (le Echech salue ton travail d’ailleurs ! Même si jamais prend le temps de poster un mot – sale barbuxXx martial de mes 2).

    C’est vraie qu’elle a de la prestance cette Nathalie (c’est sûr qu’elle passe mieux que Balasko qui aurait du se donner le rôle avant qu’elle fasse le livre).

  3. C. Says:

    Vrai sans ‘e’ ça ira mieux.

    Balasko sait aussi faire de l’intime fin, comme quoi. Après le plus grossier de Gazon Maudit…

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