7h58 ce samedi là

Long-métrage passé plutôt inaperçu il y a un peu près 1 an (même si présenté au festival de Deauville, hors compétition). Le réalisateur Sidney Lumet a – a priori – acquis une certaine notoriété sur le continent du dollar ce qui ne m’empêche pas de le découvrir seulement pour la 1ère fois à travers ce film (aura réalisé notamment Serpico, Douze Hommes en colère, Jugez moi coupable). Le scénariste Kelly Masterson s’essaie ici pour la 1ère fois et signe une œuvre ambitieuse et plutôt talentueuse.

Casting assez riche puisqu’oppose le très complexe Philip Seymour Hoffman à l’expérience probante et assurée de Ethan Hawke. 2 personnages qui paraissent tous 2 aux antipodes l’un de l’autre mais qui ont un sens théâtral de l’interprétation finalement très proche.

Affiche assez étrange avec un titre à rallonge pas forcément aguicheur, un scénariste novice et des acteurs prometteurs. Le tout saucissonné à travers un montage à la chronologie subjective centrée sur la vision de chacun des personnages. On regrettera amèrement la conservation du titre original qui perd tout son charme avec le « 7h58 » français… May you be in heaven half an hour… before the devil knows you’re dead : c’est le toast irlandais (plus de charme que notre « chin-chin » ridicule) !

Construction initiale bicéphale sur la vie de 2 frangins (justement Philip Seymour et Ethan) en décrépitude financière, nous plonge dans l’idée séduisante d’un hold-up facile puisqu’il s’agit de la bijouterie des parents. Malsain mais léger et inoffensif. Enfin, ce qu’on pourrait en penser…

Le film trouve un rythme naturel, haletant puis démoniaque au travers des frères/père (Albert Finney est incroyable !) et à chaque minute on loue les dons de chacun pour leurs prestations étonnantes. Le film a été tourné en plein été 2006 à New York et on voit bien que Philip Seymour en souffre (littéralement rouge pivoine) ce qui amplifie physiquement son tough evil side. Ce film fait preuve d’une modestie ingénue sans lourdeur ni artifice qui arrive à aborder une modernité révélatrice comme le divorce, l’argent, la drogue, l’adultère, la famille, l’individualisme, la corruption etc. Un pessimisme à échelle intelligente qui nous berce un air maléfique que tout le monde respire, empire et pollue.

Une réussite agile, bien pensée, intelligemment montée et magistralement transformée.

Plus d’infos sur ce film

C.

6 Réponses to “7h58 ce samedi là”

  1. E. Says:

    mmhh… effectivement, je ne connaissais pas ce réalisateur… Tu as vu le film à Deauville? D’où t’es venue l’idée de ce billet?

  2. E. Says:

    Je viens de me rendre compte que Marisa Tomei jouait dans le film! C’est elle qui jouait dans Happy accidents!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  3. Comarin Says:

    vu au ciné, souvenirs principaux : trash mais puissany.

  4. C. Says:

    Me disais bien qu’elle m’était pas inconnue la p’tite Marisa…

    L’ai vu ce we en location sur les conseils de Lore (l’est pas mauvaise eh). Film représenté au festival américain de Deauville (moi j’vais au festival asiat !!). D’ailleurs cette année vieux Elgdhabs, on s’organise une virée psykédélique fratousnelle sans faute !!!

  5. E. Says:

    putain, il faut que tu me dises quand c’est ce fuckin’ festival car avec mon taf, va falloir gérer maintenant🙂

  6. E. Says:

    J’ai vu le film! Vraiment très sympa, j’ai beaucoup apprécié cette ambiance morbide. Très bon!

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